Adanowsky, l’oiseau rare

Publié le par Eve

« Romántico, oscuro, místico, obsesionado con el amor… Así es este hombre que vive por y a través de las emociones de Adanowsky.
Su nombre es AMADOR. »

 

adonovskyCe texte, mis en exergue du myspace d’Adanowsky, défini « perfectamente » l’ambiance de son troisième album intitulé Amador et signé sur le label indépendant espagnol El Volcán Música. Amador est un disque singulier, hors du temps, un petit bijou plein de sensibilité, de charme et de poésie… Saupoudré d’une fine couche d’humour.

Un des fils conducteurs de l’album est l’esprit cabaret avec quelques incursions du côté de la bossa nova, perceptibles sur un titre comme Dime cuàndo. On peut aussi penser à Luz Casal sur Déjame llorar et, d’une manière générale, à Lhasa De Sela dont l’âme semble planer sur le reste de l’album.

Chez Adanowsky, contraction d’Adan Jodorowsky (oui, c’est bien le fils de son père), le second degré n’est jamais très loin : plumes de paon sur la pochette, clip décalé (« Me siento solo », voir ci-dessous) et reprise pêchue d’Henri Salvador, « J’aime tes genoux », cherchez l’erreur...

Depuis El ídolo, son précédent album, Adanowsky a décidé de laisser s’exprimer les “moi multiples” qui coexistent en lui. Sachez-le, Adanowsky est plusieurs. Il avait créé le personnage de « El ídolo » avec l’album éponyme, un album aux accents prophétiques puisque c’est avec ce disque qu’Adanowsky a acquis une certaine notoriété tant en Amérique latine qu’en Espagne. Il a pourtant « tué » sa créature sur scène lors d’un ultime concert au Mexique afin de laisser Amador s’exprimer à son tour.

Pour Amador, deuxième opus d’une trilogie annoncée, il s’est laissé pousser un collier de barbe et a revêtu une veste dans le style mariachi un rien kitch, un nouveau look qui lui sied à ravir. Dédoublement de personnalité me direz-vous ? Pas si sûr, Adanowsky ne fait que convoquer à la fois ses ancêtres cosmopolites (Russie, Chili, Mexique…) et ses références artistiques (Dali, Elvis, etc.). Dans la peau d’Amador, le crooner latino, Adanowsky se positionne plus sur le registre de l’émotion que du sentimentalisme de pacotille, on est donc loin de la caricature du genre, Julio Iglesias (au hasard). L’ex électron libre de la scène française et multi instrumentiste sait aussi très bien s’entourer. Il a composé et produit Amador avec l’aide de Rob, membre de Phoenix et mixé l’album avec Noah Georgeson, producteur de Devendra Banhart. Grâce à un matériel d’enregistrement vintage, le son obtenu a un grain particulier très agréable, proche du disque vinyle.

Mes préférences vont à « Amor sin fin » pour ses envolées lyriques, « Basta del oscuro » et « Niña roja » pour leurs thèmes assez entêtants et aussi « You are the one », excellent duo avec Devendra Banhart.

Aucune tournée française prévue pour le moment. ¡ Lo que es una tragedia !

 

Amador de Adanowsky, 14 titres, septembre 2010, Orchard / El Volcán Música  

 


 

Publié dans Musique

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