"Life", Keith Richards

Publié le par Eve

"Nous avons tous une manière élémentaire, primordiale, de réagir aux pulsations. Nous existons sur un rythme de soixante-douze battements par minutes."

 

life

 

Cet été, pendant que les écoliers s'escrimaient sur leurs cahiers de vacances, moi je m'attelais à la lecture de mon "pavé de l'été" et je peux vous dire que j'ai pris un plaisir non dissimulé à lire l'autobiographie de Keith Richards.

Autant vous prévenir tout de suite, Keith Richards n'est pas le prochain prix Nobel de littérature et il n'a manisfestement pas de vélléité en la matière (ouf !), on est donc bien loin du très littéraire "Just Kids" de Patti Smith.

Ce livre n'en est pas moins passionnant à lire car il fourmille d'anecdotes plus piquantes les unes que les autres, à condition toutefois d'être intéressé par les années 60 et l'histoire du rock !

 

"Il n'est pas facile de reconstituer ces années 1960 parce que personne n'avait vraiment idée de ce qui se passait. Un brouillard d'un type différent était tombé, et il y avait beaucoup d'énergie dans l'air, mais personne ne savait vraiment quoi en faire."

 

Le personnage de Keith Richards m'a toujours intrigué même si j'étais jusqu'à présent plus Beatles que Stones (comme si il fallait choisir un camp...).

Le principal repproche que je pouvais faire aux Rolling Stones ? Voyons, faire des concerts mégalomaniaques dans des stades immenses ou encore avoir encore presque tous ses membres encore en vie, ce qui n'est pas très rock n' roll, et comme je n'ai jamais eu de faible pour les rockers vieillissants... J'ai toujours pensé que les Rolling Stones servaient de caution rock aux quarantenaires et cinquantenaires qui voulaient se la jouer "cool" comme on disait au 20e siècle. Je ne vais sans doute pas me faire beaucoup d'amis sur ce coup-là...

 

Après avoir lu ce livre, je peux désormais dire tout le bien que je pense de Keith Richards car sans parler de brûlot, le "pirate des caraïbes" balance. Il n'élude pas la réalité de ses rapports conflictuels et fratricides avec Mick Jagger et tient des propos sans concessions sur l'industrie du disque.

 

"Moi qui adorais traîner avec Mick, çà doit faire vingt ans que je n'ai pas mis les pieds dans sa loge. Mon ami me manque parfois. Ou est-il passé, bon sang ?"

 

Il nous parle de ses origines modestes et des tout débuts du groupe avec l'ingérable Brian Jones. Il nous raconte aussi par le menu son addiction aux drogues dures et sa lente descente aux enfers avec son amour de jeunesse et mère de ses deux aînés, la vénéneuse muse Anita Pallenberg.

 

"Ca ne s'appelle pas "héroïne" pour rien. C'est une séductrice."

 

Keith Richards me fait l'impression d'un vieux chat qui aurait vécu plusieurs vies, 7 fois tombé du toit, 7 fois ressuscité. Ce qui l'a porté toutes ces années c'est d'abord sa passion sincère de la musique, sa recherche du riff parfait...

 

"Qu'est-ce qui pousse à écrire des chansons ? D'une certaine façon, on a envie de se glisser dans le coeur des gens, de s'y installer ou au moins de le faire raisonner, et c'est là que les gens s'avèrent être un instrument plus puissant que celui dont vous jouez."

 

"Je suis le maître du riff. Le seul que j'ai loupé et que Mick a trouvé, c'est "Brown Sugar", et je dis chapeau. Là il m'a bluffé."

 

Dans ce livre, j'ai découvert un type intelligent, lucide sur son parcours et ses erreurs et très drôle aussi, pour ne pas dire caustique...

A mes yeux, on est pas loin de l'idéal masculin, pas étonnant si le guitariste a séduit les plus belles filles de la planète, sacré Keith...

 

" Pas une fois dans ma vie je n'ai fait le premier pas avec une fille. J'en suis incapable. Mon instinct me dit toujours de laisser faire la fille."

 

Life, Keith Richards, collection Points, Robert Laffont, 741 pages.

Publié dans Un peu de lecture

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