« Tamara Drewe », un portrait au vitriol de la bourgeoisie néo-rurale anglaise par Posy Simmonds

Publié le par Eve

couv tamaraL’histoire

Les Hardiman tiennent une maison d’hôte à Stonefield, un village bucolique au cœur de la campagne anglaise. Le couple accueille dans son charmant cottage des écrivains en résidence à la recherche de la tranquillité nécessaire pour se consacrer entièrement à l’écriture. En plus d’assurer l’intendance du cottage, Beth, l’épouse dévouée, veille jalousement sur la tranquillité de son époux Nicholas, un auteur de polars à succès. Un jour, Tamara Drewe, une journaliste people de Londres, revient s’installer dans le cottage voisin dans lequel elle a grandi. La londonienne sexy, au nez refait et aux longues jambes, ne tarde pas à faire tourner les têtes. D’Andy, le jardinier de Beth, en passant par Glen, l’écrivain en panne d’inspiration sans oublier Nicholas, aucun homme n’est insensible au charme vénéneux de Tamara Drewe. La présence de la vamp à Stonefield fait jaser la petite communauté et va bouleverser la vie jusqu’ici (trop ?) tranquille de ses membres.

 

Mon avis

La sortie récente au cinéma du film de Stephen Frears, film dont le scénario est une adaptation du roman graphique de Posy Simmonds publié en 2008 chez Denoël, a suscité, à juste titre, un regain d’intérêt pour cette BD et un retirage de l’éditeur.

Plus qu’une BD, c’est un véritable roman graphique de 136 pages avec beaucoup d’intertextes entre les cases, assez costaud donc, mais suffisamment passionnant pour être lu d’une seule traite. Posy Simmonds a dressé avec beaucoup de finesse, d’humour et de causticité, le portrait psychologique de ces « néo-ruraux bobos » qui roulent en 4/4 et prônent le retour à la terre ; raffolent des légumes bios mais n’en gardent pas moins leurs distances avec les bouses de vaches !

Les Hardiman mènent, en apparence, une vie bourgeoise et confortable. Beth fait l’impasse sur les infidélités de son mari, à une condition : « C’est notre accord : je ferme les yeux en échange de son honnêteté. » Nicholas, tout en trompant allègrement sa femme, use et abuse de sa sollicitude, elle est à la fois ménagère, secrétaire particulière et confidente. Mais comment ignorer les 25 kilos pris en 25 ans de mariage ? Et pourquoi critiquer les mini shorts de pétasse de Tamara Drewe, alors que, comme lui fait remarquer sa fille, à une certaine époque, elle portait les mêmes…

Les personnages de Posy Simmonds, loin d’être méprisables, sont coincés entre leurs petites vies bien rangées et leurs aspirations et ce sont ces contradictions qui nous les rendent si proches de nous. Et, sous le vernis des apparences, la plus lucide de tous, c’est encore Tamara Drewe !

 

Tamara Drewe, Posy Simmonds, traduit de l’anglais par Lili Sztajn, Denoël Graphic, 136 p,  juillet 2010, 18 €

 

http://www.denoel.fr/Denoel/collections/graphic.jsp

 

J’ai passé un bon moment à lire cette BD, avez-vous vu le film de Stephen Frears ? Qu’en avez-vous pensé ?

 

Tamara Drewe Poster

Publié dans Un peu de lecture

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